La lutte contre la malnutrition est de plus en plus reconnue comme étant l’une des stratégies de développement les plus rentables au monde. En effet, la malnutrition entraîne des pertes économiques importantes estimées à 11% du produit intérieur brut (PIB) par an en Afrique et en Asie. L’Initiative pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique (IFNA) a été lancée en tant que plateforme continentale pour lutter contre la faim et la malnutrition en Afrique.

À ce jour, jusqu’en avril 2018, l’IFNA a mené :

  •  des enquêtes préparatoires de mai à octobre 2017 ; et
  • des ateliers de développement ICSA de février à mai 2018 dans les dix (10) pays participants.

Les ateliers de développement ICSA ont servi à aider à rédiger l’ICSA de manière participative et multisectorielle et sous la direction du gouvernement. 

L’atelier consultatif ICSA s’est tenu avec, pour objectif, l’apprentissage mutuel entre les pays participants et les partenaires de développement, et le développement de leurs ISCAs. Il s’est tenu à Dakar, au Sénégal, du 25 au 27 avril 2018.

 L’objectif général de l’atelier était de donner aux pays participants l’occasion d’apprendre les uns des autres en échangeant les leçons apprises et de se préparer pour la prochaine étape avant la mise en oeuvre des actions, à savoir la finalisation et la validation / formalisation de l’ICSA dans leurs pays respectifs. Les objectifs spécifiques étaient les suivants :

  • Le partage des enseignements tirés des expériences de préparation d’un projet d’ICSA, notamment en matière de domaines d’intervention, à la fois en termes de problématiques de nutrition et de zone géographique, et une liste des interventions potentielles qui pourraient se traduire en concepts de projets ;
  • L’apprentissage mutuel et la possibilité de partager des suggestions et des recommandations entre les pays participants, les organisations du Comité de pilotage de l’IFNA et les partenaires de développement ; et
  • La mise en commun de la voie à suivre pour finaliser le projet d’ICSA en vue de sa formulation. 

Plus de 69 personnes ont participé à l’atelier, dont 29 personnes provenant des dix (10) pays participants à l’IFNA. Il y avait également 40 représentants des organisations du Comité de pilotage de l’IFNA, notamment la FAO, le FIDA, la JICA, JIRCAS, le NEPAD, l’UNICEF, le PAM, l’OMS, des instituts de recherche internationaux ainsi que diverses ONG.

 L’atelier était composé d’un programme sur trois jours :

 Jour 1 :  PARTAGE ET APPRENTISSAGE MUTUEL SUR LE PROJET D’ICSA

Chaque pays participant a présenté son pays. L’objectif de ces présentations était de partager les résultats de l’atelier de développement ICSA et de mieux comprendre chaque pays dans le contexte de la nutrition. 

Jour 2 : AMÉLIORATION DE LA NUTRITION PAR UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE

Cette session visait à mieux comprendre comment une approche multisectorielle pourrait être un moyen efficace d’accélérer l’amélioration de la nutrition en proposant ;

  • un apprentissage interactif
  • des discussions thématiques (coordination multisectorielle, alignement / mobilisation des ressources, programmation efficace de l’agriculture sensible aux enjeux nutritionnels dans l’objectif de réduire la sous-nutrition) ; et
  • une session de reporting.

 Jour 3: VERS DES ACTIONS SUR LE TERRAIN

Après avoir eu différentes occasions d’apprendre des dix (10) pays et des partenaires de développement, parmi lesquels des agences des Nations Unies, des institutions financières et de recherche ainsi que des ONG, les représentants des pays ont fait leurs présentations résumées, en y indiquant :

  • leurs bonnes pratiques à partir desquelles d’autres participants pourraient apprendre ;
  • ce qu’ils ont appris des autres ;  et
  • des listes d’actions pour formaliser les ICSA dans tous les pays.

 La finalisation et la validation de l’ICSA confirme de quelle façon chaque pays formaliserait / validerait l’ICSA dans ce pays au cours des prochains mois.

 Au cours de l’atelier, chaque pays a partagé et obtenu de bonnes pratiques dans un environnement favorable au sein des gouvernements, une approche efficace d’amélioration de la nutrition qui pourrait être contextualisée et introduite dans d’autres pays participants ainsi que des principes pour promouvoir la multisectorialité dans le contexte de l’amélioration de la nutrition.

 Le Dr Mayaki (PDG du NEPAD) a prononcé son discours le premier jour, déclarant que « la nutrition est complexe, mais concerne la vie, ce qui signifie qu’il y a une responsabilité éthique. Si nous ne nous en occupons pas, nous tuons des vies. C’est pourquoi une approche multisectorielle avec un éventail de solutions reste impérative ». Il a exprimé son espoir que « l’IFNA accélérera et intensifiera ses actions pour faire de la faim un phénomène du passé. L’IFNA s’efforcera de renforcer la coordination entre les acteurs et les partenaires pour la réalisation directe d’interventions sur le terrain. Cela différencie l’IFNA de l’approche ordinaire ».

Rapport de l’atelier